Introduction à Gingo

A quoi sert Gingo ?

Les arbres de compétences ou de connaissances, dénommés dans la suite du document AdC, sont des cartes dynamiques de la diversité des savoirs et savoir-faire disponibles dans une communauté.

L'environnement logiciel Gingo de TriVium permet la croissance, l'exploration et l'utilisation d'AdC.

Grâce aux messageries de Gingo, l'utilisation des AdC comprend notamment la communication souple, rapide et transversale entre trois grands types d'acteurs :

Gingo propose un environnement unique de navigation dans les données, de communication et d'évaluation par l'usage en temps réel. C'est pourquoi il est aujourd'hui utilisé par de nombreuses entreprises pour la gestion des compétences, dans des quartiers pour la valorisation des compétences des habitants et leur mise en relation avec des employeurs, dans des Écoles, des Universités et des organismes de formation pour aider les apprenants à s'orienter. Dans tous les types de communautés, Gingo peut être utilisé pour favoriser les échanges de services et de savoirs entre les individus.

Gingo peut également être utilisé pour cartographier d'autres types de données que les compétences des personnes. Il peut alors être utilisé comme un logiciel de gestion d'informations. Selon le type d'informations, on parle d'Arbre de Connaissances, d'Arbre de Compétences, d'Arbre Documentaire, d'Arbre Technologique, d'Arbre d'Entreprise, d'Arbre d'Analyse Industrielle, etc.

La société TriVium propose une gamme de produits, parmi lesquels Gingo IS, particulièrement conçu pour la gestion et l'exploitation des informations stratégiques (IS) des entreprises et des organisations, et Gingo RH, plutôt dédié à la gestion et la valorisation des richesses humaines (RH), ressources humaines, compétences, etc. Le présent manuel concerne exclusivement Gingo RH, que nous appellerons ici simplement Gingo.

Les arbres sont constitués d'éléments appelés brevets.

La structure des arbres est produite par les listes de brevets associées aux individus.

A chaque individu est associée une liste ordonnée de brevets. C'est à partir de ces listes que Gingo produit automatiquement l'arbre : celui-ci constitue une représentation des proximités existant entre tous ces brevets.

La forme de l'arbre dépend de l'ordre choisi pour élaborer les listes de brevets. Il importe donc, pour chaque liste, de fixer l'ordre des brevets en fonction du type de problématique. Il peut s'agir d'un ordre :

Dans la suite de ce manuel, nous prendrons toujours comme exemple canonique, des AdC dont les individus sont des personnes.

Le nom "Gingo" est inspiré du Ginkgo (dit aussi "arbre aux quarante écus"), qui est l'un des premiers arbres apparu au cours de l'évolution
biologique. La longévité légendaire (plus de mille ans), le charme ornemental et les vertus médicinales du Ginkgo sont bien connus des peuples d'extrême orient.

Comment est organisé ce manuel d'utilisation?

Ce manuel d'utilisation est divisé en chapitres, les chapitres sont divisés en sections et les sections en sous-sections.

Le premier chapitre, "Introduction à Gingo", est consacré à un exposé des concepts liés aux AdC et à la philosophie générale de communication et de navigation dans les données qui a inspiré la conception de Gingo.

Le deuxième chapitre présente en image et en schémas une vue d'ensemble des fonctions et des outils de Gingo.

Le troisième chapitre vous apprendra à vous connecter à un AdC et à vous en déconnecter.

Les deux chapitres suivants vous apprendront à lire les formes et les couleurs de la carte dynamique qu'est l'AdC.

Avec les chapitres 6, 7 et 8 vous apprendrez à sélectionner, rechercher et consulter les "brevets", qui sont les signes de compétences composant l'arbre.

Les chapitres 9, 10 et 11 vous apprendront à rechercher les personnes porteuses de compétences et à consulter (si vous en avez l'autorisation) les informations les concernant.

Le chapitre 12 vous apprendra à simuler d'autres situations et d'autres communautés que celles qui sont cartographiées par l'AdC principal.

Le treizième chapitre vous accompagnera dans votre activité de communication, que vous soyez...

Les chapitres 14 et 15 vous donneront toutes les indications nécessaires à la création et la modification des brevets et de leurs index.

Enfin, les chapitres seize et dix-sept vous apprendront à initialiser le processus de croissance d'un arbre et à administrer l'arbre au quotidien.

Ce manuel d'utilisation a été conçu pour être lu du début à la fin mais aussi de telle sorte que l'on puisse trouver rapidement l'information recherchée sans être obligé de relire ce qui précède. C'est pourquoi on trouvera, ici et là, d'inévitables redondances. L'index et la table des matières vous permettront d'accéder le plus directement possible à l'aide dont vous avez besoin.

Par la force des choses, ce manuel d'utilisation suit une démarche analytique, selon laquelle différents éléments sont abordés explicitement et rationnellement les uns à la suite des autres. Pourtant, le logiciel Gingo a été conçu pour favoriser au maximum une prise de connaissance de l'information globale et par l'image. Les aspects qui sont décrits séparément dans le manuel d'utilisation seront perçus en relation les uns avec les autres après quelques heures de pratique. Vous n'aurez besoin que d'un très bref temps d'initiation pour que les formes, les images et les couleurs des arbres produits par Gingo vous "parlent" intuitivement. Vous accomplirez bientôt les séquences d'opérations nécessaires à l'exploration de l'arbre sans être obligé de les décomposer consciemment, mais dans la continuité naturelle de votre démarche mentale.

Comment pousse un AdC ? Définitions.

Cette section présente brièvement les grandes étapes de la croissance d'un arbre et les principaux concepts de la méthode AdC : les brevets, les listes, les arbres, les blasons et l'évaluation par l'usage.

Dans une première étape sont identifiées les compétences ou connaissances présentes au sein d'une collectivité. Le logiciel est indépendant de (et donc compatible avec) toute théorie concernant la connaissance, la compétence ou la différence entre ces deux notions. On emploie ici le terme "compétence" en son sens le plus extensif et général. Les compétences sont signalées sous le format standard des brevets. Un brevet est notamment composé d'un intitulé, de quatre clés d'index (éventuellement iconiques) et d'une définition. Les brevets sont les composants élémentaires des listes et des arbres. Pour Gingo, il ne s'agit que d'éléments d'information. Pour les utilisateurs, les brevets représentent des grains, des atomes ou des signes de compétences. On ne dit pas que les brevets sont des compétences parce que les compétences et les connaissances (de l'ordre du territoire) sont chez les personnes ou éventuellement dans des documents. Les brevets (de l'ordre de la carte) ne sont pas des compétences : ils servent à repérer, indexer, signaler les compétences des individus. De plus, une compétence donnée, si elle est assez complexe, peut éventuellement être signalée par plusieurs brevets, c'est pourquoi on parle de grains ou d'atomes de compétences. La société TriVium, qui a conçu et développé le logiciel Gingo, a également mis au point des méthodes de constitution de bases de brevets adaptées à chaque type d'utilisation. Ces méthodes ne sont pas décrites dans ce manuel d'utilisation de Gingo. Sur la manière de créer des brevets, on consultera les chapitres 14 et 15.

Dans une deuxième étape, à partir d'une base de brevets initiale, les individus s'identifient ou sont identifiés par des listes de brevets. Ces listes peuvent être organisées par ordre chronologique d'acquisition, par ordre de généricité de la compétence, par ordre de fréquence décroissante, etc. Un brevet ne peut être cité qu'une seule fois dans une liste.

Dans une troisième étape, à partir de la collection des listes qui décrivent les individus, l'AdC de la collectivité est calculé par le logiciel Gingo. L'arbre résulte de l'application d'un opérateur logique original à la collection des listes ordonnées.

Gingo range les brevets par "couches", de bas en haut de l'arbre, en fonction de leur capacité d'engendrement d'autres brevets dans les listes et par "branches" en fonction de leur connexité dans la collection des curricula. Le détail de l'interprétation de la forme de l'arbre est expliqué dans le chapitre 4 - "Lire l'arbre : position et taille des brevets". Le point essentiel est que l'arbre ne résulte d'aucun classement a priori des compétences mais uniquement des informations fournies par les listes ordonnées. Un arbre est vivant, recalculé à chaque modification des listes, et il y a autant d'arbres différents que de communautés.

L'arbre se présente comme une mosaïque de brevets. La projection de la liste correspondant à une personne sur l'arbre prend la forme d'une distribution particulière de brevets. On appelle le portrait des compétences d'une personne dans un arbre son blason. Une personne peut garder la même liste et voir cependant son blason évoluer si l'arbre se transforme. La même liste donnera lieu à des blasons différents dans des arbres différents.

Dans une cinquième étape, les usages que la collectivité fait de son arbre alimentent automatiquement une évaluation des brevets. Ces usages sont notamment captés au moyen du système d'adressage par les compétences des messageries de Gingo. La valeur des brevets est visible sur l'arbre par la couleur. Les détails concernant le système d'évaluation et les différentes composantes de la valeur sont exposés dans le chapitre 5 -" Lire l'arbre : valeurs et couleurs des brevets ".

Caractère dynamique de l'arbre de compétences

Les étapes un à cinq décrites plus haut sont purement logiques, il ne s'agit pas d'une séquence linéaire immuable. Au contraire, Gingo permet de créer et de modifier des brevets et des listes à tout moment : l'arbre est alors recalculé en temps réel. Les évaluations par l'usage peuvent orienter les apprentissages des individus, ce qui transforme l'arbre, engendre de nouvelles évaluations, etc.

Un AdC est une carte dynamique en deux sens. Premièrement, parce que chaque changement de la communauté (suppression ou ajout d'une liste), chaque nouvel apprentissage (enrichissement d'une liste), chaque acte de communication par l'intermédiaire du système (usage des messageries) déclenchent la synthèse d'une nouvelle carte. Deuxièmement, parce que cette carte ne peut se lire qu'en interaction. Ce n'est pas une image statique mais un hyper-document, une sorte de monde virtuel qui demande l'implication active de ceux qui veulent l'explorer. Un arbre ne vous dira rien si vous ne l'interrogez pas. En revanche, le logiciel Gingo vous autorise à poser à l'arbre une riche variété de questions et fera apparaître immédiatement les réponses.

L'originalité de Gingo

Cette section expose les traits les plus originaux de Gingo :

Chaque acte de communication dans le dispositif des AdC contribue à la production continue du système d'information ainsi qu'à l'évaluation des actes des autres utilisateurs. Tout usage du système à des fins "égoïstes" participe à son amélioration pour l'ensemble de la communauté. Par ordre décroissant d'incidence sur le système global, les trois actes de communication principaux sont : le dépôt d'un nouveau brevet, l'inscription ou l'enrichissement d'une liste, l'envoi d'un message.

1 Le dépôt d'un brevet est l'équivalent de l'invention d'un mot d'une langue pour désigner une nouvelle réalité. Il produit l'un des constituants élémentaires de l'espace de communication.

2 L'inscription ou l'enrichissement d'une liste d'individus dans l'arbre structure, informe, évalue et améliore la carte de l'espace collectif.

3 L'usage des messageries contribue à sculpter un paysage de valeur qui aide les autres utilisateurs à s'orienter.

Ainsi, chaque fois qu'un utilisateur effectue un acte de communication, il améliore le système de communication pour les autres.

Gingo visualise un contexte, ou une situation collective en évolution constante, par une image dynamique (l'arbre, ses formes, ses couleurs). Gingo présente toujours l'information (un brevet, un ensemble de brevets, un blason) sur un mode imagé, dans un contexte (l'arbre), selon une relation figure/fond. La même information prend un aspect (forme, position, couleur) différent si elle apparaît dans un contexte différent.

Gingo permet non seulement de manipuler et rechercher des informations (les figures), mais également des contextes (le fond). En effet, à partir d'un arbre principal, Gingo autorise la croissance et la lecture d'arbres hypothétiques. Ces simulations, équivalentes à des manipulations du contexte (du fond), permettent d'étudier les transformations correspondantes des informations (les figures). Gingo permet donc d'explorer des masses d'informations complexes en agissant sur et dans des images. Les détails de la simulation au moyen de Gingo sont expliqués dans le chapitre 12 -" Les simulations ".

La plupart des banques de données n'autorisent que des recherches booléennes (combinaisons de "et" et de "ou") fondées sur la présence ou l'absence de mots-clés. En conséquence on obtient souvent une trop grande quantité d'information en réponse à une requête définie de manière large et pas assez - ou pas du tout - d'information si la requête est définie précisément. Pour remédier à cet état de choses, Gingo permet d'effectuer, en plus des recherches de type classique, des recherches par proximité dont on peut régler exactement la portée. Ainsi, il vous est possible de connaître, grâce à Gingo, quels sont les n blasons (les trois, ou les sept, ou les vingt, ou les cinquante, à votre convenance) les plus proches d'un profil de brevets donné, quel que soit le profil en question et même si aucun des blasons ne correspond exactement au profil demandé. Les détails de la recherche par proximité sont expliqués dans le chapitre 9 sur le repérage des blasons.

Avec Gingo, vous pouvez explorer les données contenues dans un arbre selon une large palette d'approches. Cette ouverture, cette absence de contrainte sur le mode de recherche s'obtient grâce à une philosophie originale de navigation. Au lieu de proposer une procédure spéciale ou un "bouton" pour chaque genre d'interrogation, Gingo met à la disposition de ses utilisateurs un petit nombre d'outils, dont le maniement est donc facile à apprendre. Chacun des outils effectue une opération élémentaire sur les données. Chaque fois qu'une opération a été réalisée, son résultat est visualisé sur l'arbre et détaillé par différents compteurs. Ce résultat peut être sélectionné et activé pour servir de point de départ à une nouvelle opération, et ainsi de suite indéfiniment. Chaque séquence d'opérations correspond à une exploration particulière. Une séquence d'opérations peut être aussi longue que l'on veut et combiner les opérations élémentaires dans l'ordre désiré. Grâce à la visualisation sous forme d'images et au comptage détaillé de chaque résultat intermédiaire, vous pourrez toujours percevoir concrètement et maîtriser pas à pas ces séquences d'opérations.

Rappelons que Gingo peut vous servir à naviguer dans d'autres types de données que les compétences de personnes. Il peut s'agir de spécifications ou de compétences d'objets techniques, d'événements de santé attribués à des patients, d'achats attribués à des clients, de clients attribués à des produits, de mots-clés attribués à des documents, etc. Gingo inaugure une nouvelle génération d'automates gestionnaires de systèmes d'information et de filtrage de grandes masses de données.

Pour certaines des applications de Gingo qui ne concernent pas les compétences des personnes, vous aurez peut-être besoin de demander à la société TriVium une aide méthodologique, des aménagements du logiciel Gingo RH ou bien une démonstration des autres développements du logiciel Gingo.

Pour ceux qui souhaiteraient utiliser le logiciel Gingo tel qu'il est pour appréhender la complexité d'un système d'information, nous pouvons préciser les points suivants :

Si le système n'est rien d'autre qu'un ensemble d'objets décrit par un ensemble de variables pondérées, il est possible de représenter et d'explorer ce système avec Gingo :
1) en identifiant les objets à des individus
2) en identifiant les variables à des brevets
3) en s'appuyant sur les pondérations pour ordonner les listes des brevets associées aux individus.