Pour "lire" un AdC il faut comprendre ses formes et ses couleurs. Ce chapitre présente les grands principes qui fixent la position et la taille d'un brevet dans un arbre. Dans le chapitre suivant, vous apprendrez à comprendre et manipuler la couleur des brevets. N'oubliez pas que la lecture d'une carte (l'arbre) ne vaut que par les renseignements qui sont extraits du territoire :
Chaque communauté donne un style particulier, une empreinte aisément reconnaissable, à l'arbre qu'elle fait croître. Vous apprendrez avec l'expérience à "lire" de manière de plus en plus fine la forme globale des arbres qui vous concernent ainsi que celle des arbres simulés qui en dérivent. Cette lecture globale devra toujours être complétée et confirmée par une exploration plus poussée de l'arbre et des sous-arbres simulés.
La position respective des brevets dans l'arbre indique visuellement leurs relations mutuelles de dépendance dans les listes associées aux individus. Ceux qui sont plus haut "dépendent" de ceux qui sont plus bas : ils sont généralement à la suite. Ceci n'est évidemment valable que pour la communauté considérée, à un moment donné.
L'ordre des brevets est différent dans chaque liste : ce qui vient avant un certain brevet dans les unes peut venir après ce brevet dans les autres. Chaque brevet n'occupe qu'une seule position dans l'arbre, Gingo résoud ce problème en calculant l'arbre, c'est-à-dire la position des brevets les uns vis-à-vis des autres, de telle sorte que l'ordre des brevets tel qu'il est exprimé dans chaque liste individuelle soit le moins déformé possible dans l'arbre collectif. Autrement dit, l'arbre est calculé pour que les blasons (projections des listes dans l'arbre) ressemblent le plus possible aux listes ordonnées. La disposition des brevets sur l'arbre est la résultante d'une espèce de négociation entre les listes exprimant les individus. Gingo fonctionne comme un médiateur de cette négociation. Du fait que le calcul de l'arbre prend toujours en compte l'ensemble des listes ordonnées, il n'y a généralement pas "une" raison qui explique la position d'un brevet à tel ou tel endroit d'un arbre.
Hauteur et position dans l'arbre, proximité avec d'autres brevets, surface occupée et couleur des brevets ont tous une signification qui sera détaillée dans les sections qui suivent.
Seuls deux traits de la situation des brevets dans l'arbre ne sont pas porteurs de sens :
Ces deux aspects sont simplement fonction d'une optimisation de l'occupation de l'écran. Ils ne sont donc pas là pour être lus mais pour rendre la lecture plus agréable.
Gingo place certains brevets "bas" dans un arbre parce qu'ils arrivent généralement au début des listes individuelles. Les brevets qui sont à la base du tronc ne peuvent provenir que du bas de certaines listes.
Attention! Il ne faut pas confondre "être dans le bas du tronc de l'arbre" et "être dans la majorité des listes".
Illustrons cette distinction par un exemple issu d'une communauté. Supposons que, dans une communauté de mille personnes, il y ait dix non-voyants qui ont appris le braille au début de leur parcours d'apprentissage. Les non-voyants ont donc placé leurs brevets de braille au commencement de leur liste (cas d'ordre chronologique). Les brevets de braille seront alors placés par Gingo dans le bas de l'arbre de cette communauté, quoiqu'ils ne soient possédés que par une petite minorité de ses membres.
Les brevets qui sont "hauts" dans l'arbre font partie de ceux qui (dans les listes ordonnées exprimant les individus) dépendent de nombreux autres brevets et sont donc plutôt à la fin des listes.
Attention! Il ne faut pas interpréter la position d'un brevet "au sommet" d'un arbre comme un signe de rareté dans les listes de brevets.
Par exemple, un brevet acquis récemment par la majorité des membres d'une communauté sera forcément à la fin des listes (cas d'ordre chronologique) et donc au sommet de l'arbre. Le caractère fortement partagé ou non d'un brevet ne peut être visuellement signalé que par sa couleur (voir plus bas) et non par sa position dans l'arbre.
Les feuilles sont des brevets qui ne participent pas de manière pertinente à la génération d'autres brevets. Par exemple, pour des parcours d'apprentissage (listes par ordre chronologique), les feuilles représentent des éléments de savoir-faire qui n'ont que faiblement tendance à mener à d'autres apprentissages. Les feuilles peuvent donc être lues comme des sortes de "fins de parcours" provisoires.
Les feuilles peuvent se trouver aussi bien dans le haut que dans le bas de l'arbre. Lorsqu'une feuille se trouve dans le bas de l'arbre, cela signifie que le brevet a tendance à se trouver à la fin de listes courtes.
Attention! Qu'un brevet soit une feuille ne donne aucune indication sur le nombre de personnes qui possèdent ce brevet dans la communauté où l'arbre pousse.
Le tronc ou une branche se sépare en une, deux trois quatre... branches lorsque Gingo a constaté que deux, trois, quatre... groupes de brevets sont associés dans des ensembles disjoints de listes.
Les branches ne sont en aucun cas "fixées à l'avance". Elles sont recalculées entièrement à chaque changement dans la collection des listes ordonnées (arrivée d'une nouvelle liste ou changement dans une liste existante). Par exemple, pour les compétences, les branches ne figurent pas des disciplines ou des classes de connaissances déjà constituées, mais révèlent les rapprochements et les dépendances mutuelles des compétences, telles qu'elles ressortent empiriquement des listes ordonnées de compétences des membres de la collectivité qui fait pousser l'arbre à un moment donné.
Ni la proximité dans l'arbre, ni l'organisation en branches n'est fonction du contenu des brevets. Par exemple, les brevets partageant une même clé d'index (le même domaine, par exemple) ne seront pas forcément proches sur l'arbre.
En dernière analyse, des brevets seront proches dans l'arbre (sur la carte) parce qu'ils sont fortement reliés par les listes ordonnées (qui expriment le "territoire"). La composition du tronc et l'organisation en branches est donc différente pour chaque communauté (cas de l'AdC) ou pour chaque système d'information en général.
La surface occupée par un brevet ou un groupe de brevets est en proportion de sa "puissance d'engendrement" d'autres brevets dans les listes ordonnées.
Rappelons que l'arbre est élaboré par couches successives. La hauteur des couches est toujours la même pour un arbre donné, elle est fonction du nombre de couches nécessaires. Cette hauteur est exactement celle du ou des brevets de la base de l'arbre.
Plus une "couche" de brevets supporte de brevets au-dessus d'elle, plus elle est large. Conformément à cette règle, on remarquera que la largeur des couches diminue progressivement au fur et à mesure que l'on monte dans l'arbre.
Les brevets occupent d'autant moins de surface qu'ils sont plus nombreux dans la même couche. Si un brevet couvre beaucoup de surface par rapport à ceux qui occupent la même région de l'arbre, cela veut dire qu'il joue un rôle de "point de passage privilégié" dans les listes.
Le partage de la surface des couches entre les brevets se fait de la manière suivante : le brevet sera d'autant plus bas dans la couche que les liens ascendants avec la couche précédente sont nombreux. S'ils sont identiques les brevets se partagent l'espace verticalement, s'ils sont différents, ils le partagent horizontalement.
Attention! La surface occupée par un brevet ne donne pas d'indication directe sur le nombre de personnes qui possèdent ce brevet mais sur le rôle du brevet dans les dynamiques d'engendrement que révèlent les listes ordonnées. La fréquence d'attribution du brevet ne peut être indiquée que par la couleur (voir plus bas).
Par exemple, il peut arriver qu'un "petit" brevet soit très partagé et qu'un "gros" brevet ne soit possédé que par peu de personnes. Si les brevets en question appartiennent à des arbres d'organismes de formation, d'écoles ou d'universités ce type de configuration peut révéler une anomalie à laquelle il serait peut-être bon de remédier. En général, un point de passage privilégié qui n'est possédé que par très peu de personnes indique une "fragilité" de la communauté sur l'atome de compétence en question.